Nous empruntons la seule route qui mène au cap Nord. Le ciel ici est bien particulier, il y a de nombreuses petites averses mais le soleil est toujours présent, d’où de nombreux arc en ciel qui viennent une nouvelle fois sublimer ces beaux paysages.

Ce dernier se fait d'ailleurs très changeant, nous découvrons au fil des kilomètres un paysage lunaire, sans aucun arbre ni broussailles, juste de l'herbe et des rennes à perte de vue.

Nous traversons un dernier tunnel de 7km de long et qui descend à 212m sous la mer. Lors d'un arrêt sur le bord d’une longue ligne droite, un camion nous double à vive allure, provoquant un appel d'air qui déséquilibre Hugo, que son chargement entraîne alors au sol. C’est fou comme une XJ6 est plus lourde qu’une CB500 !

Nous prenons position dans le camping présenté comme étant le plus au Nord du monde (et bien sûr, les prix augmentant autant que la latitude, c'est aussi le plus cher de notre voyage). Nous nous installons dans un vent très intense et glacial, le lac à nos pieds apparaît comme une mer agitée.




Après une bonne nuit de sommeil et un bon petit déjeuner, on se dépêche afin de pouvoir se rendre sur les lieux tant que le ciel est clément.

Passons rapidement la honteuse couillonade touristique (droits d'accès de 25€ par tête, mais une fois presque arrivé au bout du monde il est dur de faire demi-tour) pour nous concentrer sur l'essentiel :
NOUS SOMMES AU CAP NORD !!!

Une fois sous le globe, notre satisfaction est grande. Quel bonheur d’y être ! Nous attendions ce moment depuis 9 mois, nous sommes vraiment fiers de l’avoir fait.

Nous avons même pris le temps d'immortaliser ce que l'on peut certainement appeler la première visite d'un Lapours au Cap Nord !

Nous découvrons un magnifique paysage, grandiose autant qu'on pouvait l'espérer. Seul un vent à décorner les rennes rendait la visite un peu fraiche, mais rien ne saurait nous arrêter ni réduire notre joie.

N'oublions pas qu'à quelques 2000 kilomètres de nous se trouve le pôle Nord !

En rentrant au camping une surprise nous attend : un troupeau de rennes broute entre les tentes et les hyttes, à quelques mètres de nous !

C’est en profitant une dernière fois d’être au point le plus au nord de l’Europe que nous arrimons les motos. Ce qui change, c’est notre destination : le sud !
Nous avons une pensée pour les sudistes comme vous qui supportez une canicule à faire fondre les dernières glaces du Cap Nord ! Par une belle journée (12° au thermomètre), nous partons pour la Finlande. Et là, c’est l’inconnu complet ! En effet nous avions prévu initialement de redescendre par la Suède, mais faute de temps, nous avons changé les plans : Finlande puis ferry de Helsinki à Rostock en Allemagne. Nous ne connaissons donc absolument rien de ce pays aux milles lacs (et c’est peu dire !).


En fait, rien de bien alarmant : des routes droites, limitées à 100 km/h pour la plupart, et bordant des lacs plus ou moins étendus ! C'est plutôt joli et très dépaysant, mais qu'est ce que c'est monotone ! Les pilotes s'ennuient et la passagère s'endort.

Les villes que nous traversons occasionnellement n'ont pas grand intérêt, ni architectural ni touristique. Au mieux, cela apparait comme fonctionnel, et nous y trouvons de quoi remplir le réservoir de nos machines.

Retenons tout de même les magnifiques et immenses forêts, qui amènent un vrai bol d'air au bord du bitume, et dans lesquelles il est très facile de s'enfoncer pour planter la tente, ce dont on ne s'est pas privé !

De bons moments, un grand soleil, mais un pays cruellement fade en comparaison de la Norvège, voilà qui ne nous laissera pas un souvenir impérissable.

En 4 jours et 1700 kilomètres sans une goutte de pluie, nous arrivons à Helsinki. Nous décidons de fêter notre grand retour à la civilisation : direction le métro, et 8 stations plus loin nous voilà en centre ville, pour un bon restaurant et, enfin, une bonne bière !