Le 11 au matin, notre lessive est encore humide, et la pluie qui tombe n’aide pas vraiment. Nous nous équipons de pied en cap pour lutter contre  les éléments, et partons en direction de la route 17 qui remonte vers le nord. Pour cela, il nous faut effectuer une liaison peu agréable mais nécessaire de 300 km,  passant en périphérie de Trondheim, l’une des plus grande ville du pays.



Nouvelle nuit en hytte, histoire de dormir au chaud et au sec. Nous en profitons pour découvrir de nouvelles saveurs, comme la crevette en tube et le saucisson de renne.



Le lendemain est tout aussi pluvieux. Gaëlle est enfin à l’aise sur le mouillé et ouvre la route à bonne allure. Quant à nous, nous découvrons qu’à ces latitudes il est tout à fait possible de se prendre une bonne grosse pluie sous un soleil éclatant. Voyons le bon côté des choses : il en ressort de jolis arcs-en-ciel !




Nous voilà enfin sur la fameuse route 17, qui longe le bord de mer sur près de 700 kilomètres. Nous prenons à nouveau des ferries, dont l’un nous fera passer la ligne symbolique du cercle polaire arctique ! Qu’y a-t-il de l’autre côté ? Toujours de magnifiques paysages, et toujours de la pluie…




Après avoir expérimenté le pliage de tente sous la pluie le matin du 13 août, nous trouvons refuge le soir même dans la dernière hytte disponible d’un camping : modèle de luxe avec sanitaires, mezzanine et écran plat ! C’est le genre de folie à ne pas reproduire souvent sous peine de faire fondre nos économies, mais cela permet de tout faire sécher, et de bien rigoler devant les chaines norvégiennes.



Le jour suivant, après une centaine de bornes pour se mettre en jambes, nous embarquons en direction des îles Lofoten. Dans le bateau, nous rencontrons quelques français, et même des lyonnais ! Mais aucun n’est en moto.

Arrivés sur l’archipel, nous découvrons un tout autre paysage : rude, découpé, venteux. La pluie aussi a changée : elle est deux fois plus forte ! Le plantage de tente dans la lande est une véritable épreuve, et nous plongeons dans nos duvets humides avec plaisir.


Au réveil, il y a toujours autant de vent et de pluie. Plier les tentes dans un tel froid constitue un nouveau défi, et nous partons sur les routes un peu démotivés. A peine une heure de conduite, et nous échouons, épuisés et trempés, au Bistro Italiano de Paolo, qui nous ouvre sa porte alors que le restaurant est fermé, nous accueille dans un français au fort accent italien, nous permet de nous sécher et nous sert des pâtes succulentes ! Je le soupçonne même d’avoir arrondi la note vers le bas.  Nous ne le remercierons jamais assez !
Dans l’après midi, la pluie se lève enfin, après 5 jours d’humidité constante. Nos casques et nos chaussettes sentent mauvais, nos tentes, nos bottes et nos gants dégoulinent, nous choisissons donc de dormir en dur pour la nuit. Ici, plus de hytte mais un rorbu, une cabane de pêcheur sur pilotis au dessus de l’eau. 


Nous disposons d’un ponton pour tout faire sécher, et d’un intérieur immense pour nous étaler à loisir ! Nous pêchons même le crabe avec une ficelle, un ressort de pince à linge et un reste de saucisson de renne sous le soleil couchant.